La rémunération des maires et adjoints en 2026 obéit à un barème fixé par le code général des collectivités territoriales, indexé sur l’indice brut 1027 de la fonction publique. Les montants plafonds varient du simple au quintuple selon la strate démographique de la commune, et une prime régalienne récente vient s’ajouter à l’indemnité de fonction classique. Voici ce que perçoivent réellement les élus municipaux cette année.
Barème brut des indemnités de fonction des maires en 2026
Le tableau ci-dessous reprend les plafonds mensuels bruts applicables depuis le 1er janvier 2026, calculés sur la valeur du point d’indice en vigueur (articles L. 2123-23 et L. 2511-35 du CGCT).
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| Population de la commune | Taux (% de l’IB 1027) | Indemnité brute mensuelle |
|---|---|---|
| Moins de 500 habitants | 28,1 % | 1 155,06 € |
| De 500 à 999 | 44,3 % | 1 820,96 € |
| De 1 000 à 3 499 | 55,7 % | 2 289,56 € |
| De 3 500 à 9 999 | 58,3 % | 2 396,44 € |
| De 10 000 à 19 999 | 67,6 % | 2 778,71 € |
| De 20 000 à 49 999 | 90 % | 3 699,47 € |
| De 50 000 à 99 999 | 110 % | 4 521,58 € |
| 100 000 habitants et plus | 145 % | 5 960,26 € |
| Maires d’arrondissement (Marseille, Lyon) | 72,5 % | 2 980,13 € |
Les communes de 100 000 habitants et plus peuvent appliquer une majoration maximale de 40 % sur ce plafond. Cette majoration reste votée par le conseil municipal, elle n’a rien d’automatique.

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Indemnités des adjoints au maire : des montants nettement inférieurs
Les adjoints perçoivent une fraction du barème applicable au maire. Le taux maximal pour un adjoint dans une commune de moins de 500 habitants démarre à 10,89 % de l’IB 1027, soit quelques centaines d’euros bruts mensuels. À l’autre bout de l’échelle, un adjoint dans une ville de plus de 100 000 habitants peut percevoir un montant qui reste bien en dessous du plafond du maire.
Le conseil municipal fixe le montant exact lors d’une délibération. Un adjoint ne touche donc pas nécessairement le plafond prévu par la loi. Dans la majorité des communes françaises, qui comptent moins de 3 500 habitants, l’indemnité d’un adjoint reste modeste, souvent inférieure à 1 000 € bruts.
Pourquoi l’écart entre maire et adjoint se creuse dans les petites communes
Le taux de l’adjoint représente une proportion plus faible dans les petites strates. Un maire d’une commune de moins de 500 habitants perçoit 28,1 % de l’IB 1027, tandis que son adjoint plafonne à 10,89 %. Le ratio adjoint/maire avoisine 39 %.
Dans une ville de 100 000 habitants, ce ratio remonte. L’écart absolu en euros est plus grand, mais la proportion est moins défavorable à l’adjoint. La structure du barème désavantage donc davantage les adjoints ruraux.
Prime régalienne des maires : un complément méconnu en 2026
La loi de finances pour 2026 a créé une prime régalienne distincte de l’indemnité de fonction. Elle reconnaît la qualité d’officier d’état civil et d’officier de police judiciaire du maire.
- Son montant est fixé à 554 € bruts par an, soit environ 41,6 € par mois, versés par la commune au maire.
- L’État compense intégralement cette dépense auprès de chaque commune (554 € par an couvrant la prime et les cotisations sociales CSG/CRDS).
- Elle ne pèse donc pas sur le budget communal courant et s’ajoute au plafond d’indemnité de fonction.
Ce montant paraît symbolique face aux indemnités de fonction. Il traduit une logique nouvelle : rémunérer le maire pour ses missions régaliennes exercées au nom de l’État, pas uniquement pour sa fonction d’exécutif local.
Loi du 22 décembre 2025 : revalorisation ciblée sur les communes de moins de 20 000 habitants
La loi sur le statut de l’élu local adoptée en décembre 2025 vise à endiguer la crise des vocations municipales. Les petites communes, où les indemnités restent basses et la charge de travail lourde, sont les premières concernées.
La revalorisation porte sur les plafonds d’indemnités dans les communes de moins de 20 000 habitants. L’objectif affiché : réduire l’écart entre la charge réelle du mandat et la compensation financière. 97 % des maires perçoivent moins de 2 500 € bruts par mois, un chiffre qui reflète la surreprésentation des petites communes dans le maillage territorial français.
Ce que la loi change concrètement pour les maires ruraux
Avant cette réforme, un maire d’une commune de 800 habitants percevait un plafond de 1 820,96 € bruts. En net, après prélèvements sociaux, le montant effectivement perçu descend significativement. Le mandat de maire dans ces communes reste difficilement compatible avec une activité professionnelle, et l’indemnité ne compense qu’une fraction du temps investi.
Le cumul des indemnités pour les élus détenant plusieurs mandats est plafonné à 8 897 € mensuels. Ce plafond concerne surtout les élus de grandes villes ou ceux cumulant un mandat intercommunal avec un mandat municipal.

Indemnité de maire et salaire : une confusion à lever
Le terme « salaire » appliqué aux maires est techniquement inexact. L’indemnité de fonction n’ouvre pas droit aux mêmes protections qu’un contrat de travail (pas de cotisation chômage, pas de lien de subordination). Elle est soumise à la CSG, à la CRDS et à l’impôt sur le revenu.
- Un maire n’est pas un salarié de la commune : il perçoit une indemnité, pas un salaire.
- Les cotisations retraite IRCANTEC s’appliquent, mais la pension constituée sur un seul mandat reste faible.
- Les frais de mandat (enveloppe pouvant atteindre 990 € par mois dans certaines grandes villes) ne font pas partie de l’indemnité de fonction et ne sont pas imposables de la même façon.
Cette distinction entre indemnité, frais de mandat et prime régalienne rend la lecture du « vrai revenu » d’un maire plus complexe qu’un simple barème. Le total perçu dépend de la strate démographique, du vote du conseil municipal et des compléments liés aux missions régaliennes.
Le barème 2026 reste indexé sur le point d’indice de la fonction publique. Toute future revalorisation de ce point se répercutera mécaniquement sur l’ensemble des indemnités municipales, sans nouveau vote du Parlement.

